Friday, December 15, 2017

Portrait de Ville Hanoï

Voici notre projet de ville : une sorte de guide touristique historique !

https://www.lucidpress.com/invitations/accept/3f1ce4c0-c9f8-4793-ba42-023093d304ca

En espérant que le lien fonctionne...

Jeanne Rock & Pierre Jacquemet

Wednesday, December 6, 2017

Portrait de ville, Jeonju, Corée du Sud



Portrait de ville: Jeonju
Une ville évoluant autour de ses traditions



Introduction

A l'heure où les mégalopoles asiatiques redoublent d'énergie pour prévoir une urbanisation attractive, cosmopolite et compétitive avec parfois des soucis d'écologie, de responsabilité, durabilité, etc, qui sont au cœur des attentes et des débats de notre ère, Jeonju, ville provinciale de Corée du Sud tente de se démarquer à sa manière. En effet, Jeonju n'est pas de ces villes asiatiques qui ont connu une croissance fulgurante avec la révolution industrielle.
En Corée du Sud, celle-ci commença au début du 20ème siècle sous l'occupation japonaise. Désireux d'assoir leur domination sur le long terme, les japonais essayèrent de montrer que leur présence n'était pas seulement négative pour le peuple coréen mais apportait aussi un renouveau économique pour le pays. Elle continua par la suite, après-guerre, sous la dictature de Park ChungHee, construisant les bases de cette puissance mondiale que nous connaissons aujourd'hui.
En 1960, cependant, un problème se fit sentir. L'urbanisation et la modernisation du pays se concentrait essentiellement à et autour de Séoul, de sorte que celle-ci était deux fois plus large que Busan et Quatre fois plus que Taegu (seule autre ville avec plus de 500 000 habitants à l'époque). En 1970, Séoul et ses alentours comptait 5,5 millions d'habitants (chiffre doublé en 10 ans), 45% de l'emploi et faisait trois fois la taille de la seconde ville du pays. 60% des services médicaux et éducatifs du pays étaient concentrés à Séoul et Busan.
Les autorités durent alors mettre en place des plans urbains et économiques pour remettre en valeur les zones oubliées de cette industrialisation afin de réduire les migrations vers les grandes agglomérations et de réduire les disparités et les inégalités entre régions. Les premiers plans des années 60 à 90 se concentrèrent sur la construction d'infrastructures (complexes industriels, routes, autoroutes, zones résidentielles,..) pour créer de la croissance économique.
Mais ce qui nous intéresse, pour ce sujet, survint par la suite : le pays enfin stabilisé, la population commença à s'intéresser aux désastres culturels et écologiques que ces 30 dernières années avaient pu produire à travers tout le pays. Des lois furent votées pour la protection de l'environnement et la culture devint un point important dans le développement des régions. En tout cas sur papier, car ces initiatives manquaient de financements et nombres de projets ne purent aboutir. Finalement le changement se fit lors d'une campagne : le mouvement « sauver-les-maisons-hanok » (maisons traditionnelles coréennes) à la fin des années 90 qui fut un succès au village Hanok de Jeonju et au village Bukchon à Séoul. Il s'en suivit une vague de projets cherchant à booster économiquement certaines régions par la conservation de sa culture, de son histoire et de ses traditions. Phénomène renforcé depuis les années 2000 avec une hausse des salaires, les semaines de travail réduites à 5 jours (en théorie) et une demande constante d'accès à la culture. Le gouvernement chercha alors à stimuler le tourisme en nommant des villes historiques et/ou culturelles mais aussi à restaurer les anciennes capitales pour créer du patrimoine culturel.


Jeonju.


Jeonju est la capitale de la province du Jeollabukdo avec 650 000 habitants. Celle ci se situe dans une plaine fertile longtemps réputée pour sa production, entourée de montagnes et à proximité de la mer. Sa situation a, depuis toujours, fait de cette ville un haut lieu de la cuisine coréenne par la diversité des produits fournis par sa région. Elle fut épargnée par l'industrialisation et la destruction culturelle au 20ème siècle car elle se devait de rester majoritairement agricole afin de produire du riz en quantité et à bas prix. Longtemps tenue à l'écart, cette région, maintenant reconnue pour sa cuisine et ses arts est un haut lieu du tourisme coréen. Jeonju, avec son patrimoine, sa richesse et ses traditions fut sans surprise désignée comme Ville Culturelle par l'Etat coréen. Ce titre détermine depuis lors son futur, ses plans d'urbanisation et son économie.
Ville vivant autour du tourisme culinaire, elle se définit aussi par la sauvegarde de nombreux bâtiments historiques et son goût pour les arts. Jeonju s'est développée en cinq zones urbaines : le centre historique, la zone industrielle au sud-est, la ville nouvelle à l'ouest, la « green » zone au sud et la zone agricole au nord.
Elle s'est aussi engagée depuis 2012 à faire partie des villes créatives culinaires de l'UNESCO.

« Pourquoi la créativité ? Pourquoi les villes ?
Les zones urbaines sont aujourd’hui les principaux laboratoires où se développent de nouvelles stratégies, politiques et initiatives visant à faire de la culture et de la créativité un moteur du développement durable et de la régénération urbaine en dynamisant la croissance et l’innovation, en promouvant la cohésion sociale, le bien-être des citoyens et le dialogue interculturel. Les villes répondent ainsi aux défis majeurs auxquels elles sont confrontées tels que la crise économique, l’impact sur l'environnement, la croissance démographique et les tensions sociales. Ajoutons à cela que ce sont les villes qui abritent de nos jours plus de la moitié de la population mondiale et concentrent trois quarts de l'activité économique, dont une large part de l'économie créative. Le rôle crucial des villes pour promouvoir un développement durable centré sur les personnes et le respect des droits de l’homme est notamment reconnu par le Programme du développement à l'horizon 2030 qui comprend parmi ses 17 objectifs un objectif spécifique orienté à « faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables » et identifie dans ce cadre la culture et la créativité comme un des leviers d’action essentiels. »1

Les villes créatives sont donc des projets pour améliorer la ville à tous les niveaux, grâce aux entreprises créatives et en mettant l'humain et le développement durable au cœur de celle-ci. Dans le cas de Jeonju, plusieurs aspects ont déterminé le développement de la ville.


Une ville vivant autour de sa cuisine




Point d'orgue du projet, la cuisine de Jeonju sera le moteur de cette entreprise à long terme. Elle sera aussi le prétexte de l'urbanisation et de son plan économique. En effet une nourriture d'excellence mérite un cadre d'excellence et une hygiène de vie supérieure. Elle se définit Slow-Food ou plutôt « sincere » Food car elle prend ses racines dans les traditions et se fournit en ingrédients de base dans la région. Ne cherchant pas ailleurs de quoi se renouveler elle est dite « créative ». Ce nouvel engouement fit s'ouvrir de nombreuses écoles de cuisines et autres ateliers dans la région mais pas seulement.


Sciences et agriculture

Cette cuisine prenant appui sur les ressources de la région, la ville de Jeonju a développé des aides aux agriculteurs pour encourager et soutenir l'agriculture traditionnelle. Produire des ingrédients riches en goût et de qualité est une priorité cependant avoir une alimentation saine est aussi une des attentes de ce programme et des consommateurs. La ville a alors investi dans des instituts de recherche et des complexes de bio-industries spécialisés de haute technologie pour étudier et améliorer la qualité des produits de la région.
De plus la région met l'accent sur le développement des cultures herbales pour apporter une nourriture saine pour la population vieillissante.


Les industries créatives de Jeonju

L'agriculture à l'instar de cinq autres projets industriels se sont développés en parallèle pour donner vie à cette Ville créative. Comptons parmi eux l'industrie du « Han Style » (Han signifiant Corée), c'est à dire un projet qui cherche à créer une économie en mettant la culture traditionnelle de Jeonju au cœur de la vie moderne. L'art du Hansik(repas coréen), la traditionnelle Hanok (maison coréenne) et le Hanji (papier traditionnel coréen) sont les trois piliers de ce projet mais la médecine, la musique et la danse traditionnelle en font aussi partie.
L'industrie du cinéma, l'éco-tourisme, l'industrie de bio-technologie et le développement des recherches scientifiques sont les autres foyers créateurs de richesse de la ville. Ces industries, marchant de concert, sont supposées avoir un impact direct sur la création de nourriture et sa qualité.
En 2007 20,9% du budget de Jeonju fut utilisé dans la culture et la sauvegarde des traditions. De plus, en 2012, 12,68% des employés à Jeonju travaillaient dans le secteur primaire et secondaire tandis que 86,32% étaient dans le secteur tertiaire. Il y existait 19 121 industries créatives employant 93 801 personnes, soit 54,7% des travailleurs.


Héritages culturels tangibles et intagibles


En tant que ville protectrice de sa culture Jeonju s'est donné pour but de la diffuser à grande échelle, à travers la Corée et à l'international mais aussi de pousser les autres cultures à en faire autant. Pour se faire la ville a développé des organisations et des infrastructures telles que le Centre national du patrimoine intangible pour l'Asie et le Pacifique, le Centre de promotion du « Han Style » ou encore un centre de l'UNESCO de catégorie 2. Ces centres organisent entre autres des colloques internationaux et des festivals à l'honneur des arts traditionnels de Jeonju. Le Festival international du Film de Jeonju, le Festival du Bibimbap (plat reconnu emblème de la nourriture coréenne par l'état) et le Festival du Hanji traditionnel se tiennent chaque année à Jeonju.
Ces organismes soutiennent les héritages culturels tangibles et intangibles. La sauvegarde du patrimoine tangible se concentre sur la conservation des sites historiques mais aussi sur la sauvegarde des sites naturels. Au total, 69 propriétés patrimoines sont gérées par la ville de Jeonju, 19 sont désignées par le gouvernement comme héritages culturels dont deux trésors nationaux. Parmi ces patrimoines tangibles : les maisons traditionnelles du village Hanok, le tombeau Gyeonggijeon, les constructions de l'occupation japonaise, les églises, écoles construites par des émissaires étrangers...



Ils oeuvrent aussi pour la sauvegarde de l'héritage culturel intangible (arts, créations de mobilier, musiques, danses, cuisine,..) par sa promotion et sa mise en pratique. Beaucoup de ces organismes possèdent des salles de concert, d'exposition et d'ateliers pour animer continuellement Jeonju et faire vivre cet héritage. Jeonju cherche aussi à promouvoir sa culture à travers l'industrie cinématographique et a d'ailleurs créé une « rue du cinéma » au sein de sa ville. De même la ville fait vivre les vieilles industries papiers, qui se veulent produire les meilleurs papiers traditionnels d'Asie et qui s'exportent en objet de mode, d'art et de décoration intérieure.


Développement durable et ville human-friendly

Afin de sauvegarder ses espaces naturels, de développer un éco-tourisme et de donner un meilleur cadre à sa Ville Créative culinaire, Jeonju a entamé une longue marche vers la restauration de son environnement. Elle prévoit de construire 16 500 000 m² de « villages » éco-friendly, de redessiner les alentours des rivières et de ses points d'eau et de créer des espaces verts de détente et des zones piétones2 dans toute la ville. Parallèlement, un système de recyclage des déchets alimentaires de haute performance a déjà été mis en place dans la ville et un projet de dépollution des eaux est en cours.



Conclusion

Aussi improbable que cela puisse paraître, Jeonju a pris le pari de jouer son futur sur sa cuisine. Aidée par l'Etat coréen elle a développé des industries et une économie gravitant autour de ses traditions et ses héritages pour créer un éco-tourisme à grande échelle. Centre bien connu de la gastronomie en Corée du Sud, Jeonju cherche aujourd'hui à devenir un emblème de son pays à l'international grâce à l'UNESCO et à ses centres de promotion de la culture coréenne. A travers ce travail nous avons pu attester que la cuisine (ou autre motivation, les villes créatives de l'UNESCO comprennent plusieurs sous-catégories) peut définir le projet d'urbanisation et le plan économique d'une ville.


Bibliographie

Rondinelli, Dennis A. “Land-Development Policy in South Korea.” Geographical Review, vol. 74, no. 4, 1984, pp. 425–440. JSTOR, JSTOR, www.jstor.org/stable/215025
http://www.uhpress.hawaii.edu/books/jungArchitectureChap1.pdf
http://www.koreaherald.com/common_prog/newsprint.php?ud=20090921000055&dt=2
https://colonialkorea.com/2016/02/09/jeonju/
http://www.nihc.go.kr/english/html/content.html?menu=01_03.html
https://www.reddit.com/r/korea/comments/6e0bmb/jeonju_citys_new_walkable_road_park_as_south/
http://www.guangzhouaward.org/en/2017-02/20/c_69331.htm
http://www.kseeg.org/journal/view.html?uid=1780&sort=&scale=&key=year&keyword=&s_v=48&s_n=6&pn=vol&year=2015&vmd=Full
http://www.unesco.org/culture/pdf/CCN-jeonju-application-EN.pdf
http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20160114-coree-sud-patrimoine-culturel-immateriel-intangible-pci-coreens-jeonju-arts
http://www.rfi.fr/culture/20150102-coree-sud-hanji-papier-traditionnel-coreen-maire-jeonju-kim-seung-su-hangul-hangeul-asie-kozo-archives


1https://fr.unesco.org/creative-cities/content/pourquoi-la-cr%C3%A9ativit%C3%A9-pourquoi-les-villes


2Comme vu sur cette vidéo :https://www.youtube.com/watch?v=yVd09a9gg1M

Wednesday, November 29, 2017

City Branding le cas de Saïgon


Branding est un terme anglo-saxon attaché le plus souvent à des entreprises ayant une vocation commerciale. Le but du Branding est de promouvoir une image (positive) qui résume bien l’entreprise. Par extension le terme peut être employé dans différents domaines, le tourisme notamment. Le but de cet article est de déceler les clefs qui caractérisent le Branding de Saigon mais aussi les problématiques qu’elle soulève.
Au niveau national, le Vietnam a accueilli en 2015 près de 8 millions d’étrangers (beaucoup provenant de Chine) et 57 millions vietnamien (tourisme interne). De ce chiffre découle 2,25 millions de personnes travaillant dans le secteur touristique et à peu près 6,6% du PIB. Le premier ministre table sur un secteur touristique représentant 10% du PIB soit 15 millions de visiteurs en plus d’ici 2020.
Pour la seule ville d’Ho-Chi-Minh-Ville, la croissance annuelle du secteur touristique est de 15-16% générant un revenu de 165 000- 170 000 milliard de Dong, ceci représentant 11% du PIB municipal. De plus depuis le Đổi Mới le Vietnam cherche à se moderniser et à s’adapter à sa nouvelle clientèle étrangère.

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Plan en coupe du projet d’hôtel « Lavenue Crown Hotel » près de la cathédrale Notre Dame et du Bureau de Poste

C’est dans ce contexte que la notion de Branding prend sens. Elle vise à promouvoir une certaine image du Vietnam, à la fois moderne (constructions de mall comme Vicom Center en 2010 ou Saigon Paragon en 2009) et « typique » (mise en valeur du patrimoine colonial comme l’Opéra de Saïgon, ou l’ancien hôtel de ville). Comme on peut voir sur cette carte tous les monuments célèbres sont signalés. Cette nouvelle modernité du Viet Nam doit être entretenue, de ce fait la municipalité et le gouvernement mettent en place des travaux visant à adapter les monuments pour les touristes mais aussi à les accueillir (Hotels) pour qu’ils consomment. 


Carte touristique d'Ho Chi-Minh -Ville présentant les monuments emblématiques , Vietnam.


La conséquence directe est une uniformisation du paysage Saïgonnais, intercalé sur un modelé occidental avec boutiques de luxe (Versace, Gucci…), routes où circulent les voitures… Cette modernisation menace les quartiers « populaires » restés authentiques (rues bondées de commerces ambulants). Le risque pour le Vietnam dans cette modernisation forcenée est d’y perdre son âme.




  
                                                Illustration 2 - Loisirs et émergence d’une société de consommation mondialisée à Hồ Chí Minh Ville
Passants se faisant photographier devant un bonhomme de neige HSBC témoignant de l’émergence d’une société de consommation mondialisée à Hồ Chí Minh Ville





Pierre Jacquemet

Jeanne Rock

Thursday, November 23, 2017

City branding : l’image de la ville


                Le city branding est le fait d’appliquer des stratégies de marketing pour promouvoir et valoriser une ville. Différents aspects peuvent alors être mis en avant : certaines métropoles préfèrent mettre en valeur leurs quartiers historiques, d’autres encore leurs places plus modernes.

                Nous allons voir deux exemples très dissemblables de villes asiatiques ayant mis en place des stratégies de mise en tourisme et de valorisation.

              Tout d’abord, à Saigon au Vietnam, nous pouvons directement voir que plusieurs styles d’architecture se côtoient : les bâtiments à héritage colonial, les immeubles bas typiquement vietnamiens ; mais aussi de grandes avenues commerciales de luxe, construites à l’image des Champs-Elysées parisiens. Or, les touristes occidentaux semblent plutôt attirés par ces quartiers traditionnels et les petites échoppes. Pourtant, ce n’est pas ce que la municipalité met en valeur. En effet, avec l’élévation du niveau de vie simultané dans plusieurs pays d’Asie, le tourisme inter-asiatique s’est grandement développé ces dernières années, et avec cela, des stratégies de city branding sont apparues. Le centre de Saigon a alors été reconstruit en fonction des attentes de ces touristes asiatiques, qui préfèrent faire des achats dans des magasins luxueux en bordure de larges avenues modernes. Tout cela a bien entendu été fait au détriment de la partie traditionnelle de la ville, comme s’il fallait la cacher pour ne montrer que les « beaux » bâtiments neufs ou d’héritage colonial français pourtant désertés par les habitants de Saigon.

La boutique Louis Vuitton à Saigon, Vietnam

                A Xian en Chine, la stratégie est tout autre. En effet, son city branding se révèle plutôt tourné vers l’international ; la ville étant celle abritant la célèbre armée enterrée. Mais pourtant, les locaux s’intéressent aussi à cette partie historique de la ville car ils se sentent fiers d’appartenir au cœur de la Chine et proches des dynasties passées. A Xian, s’est également développé une immense rue commerciale juste en face de la grande pagode. Cette rue est devenue très animée mais est surtout occupée par des touristes asiatiques et internationaux. Surtout que le quartier musulman de la ville n’est pas loin et attire les foules intéressées par la route de la soie. Ici, le patrimoine urbain et les monuments sont véritablement mis en valeur, notamment grâce à de nombreux éclairages. Les tourismes culinaires et culturels ont également une place très importante dans la ville : de nombreux touristes essaient le costume traditionnel afin de prendre des photos puis peuvent essayer des plats locaux dans la rue.

La pagode mise en valeur par des éclairages à Xian, Chine

                 A Kuala Lumpur en Malaisie, le gouvernement a mis l’accent sur le développement de quartiers neufs qui offrent beaucoup de commerces tout en cachant les parties de la ville qui ne semblaient pas assez attrayantes ; par exemple les quartiers des immigrés qui sont maltraités et où la présence policière est très forte. Or ces nouveaux quartiers, comme le quartier chinois ou le quartier indien, ont été grandement déserté par les locaux mais également par les touristes qui les jugeaient trop artificiels (ils définissent le quartier comme un « Disneyland indien »). En revanche, dans cette même ville, certains quartiers touristiques sont adorés des habitants alors que les touristes ne les visitent jamais. Le centre historique quant à lui, qui offre un paysage cosmopolite d’héritage culturel n’est pas une priorité pour le gouvernement et n’est donc pas mis en valeur, il y a donc de gros problèmes de délabrement et de pollution. Tout cela pose un frein à la globalisation de Kuala Lumpur qui n’est pas assez tournée vers la multiculturalité pour être visible à l’échelle internationale, elle est alors définie actuellement comme « demi-globalisée ».

Le quartier indien à Kuala Lumpur, Malaisie

                         Le city branding est donc un ensemble de stratégies qui peuvent se révéler être à double tranchant. En effet, cela améliore considérablement la visibilité de la ville et les touristes peuvent alors venir facilement. Les touristes et les locaux peuvent cohabiter sereinement mais parfois les stratégies de mise en valeur sont tellement focalisées sur les quartiers touristiques très modernes que la vie des habitants en est oubliée et les quartiers traditionnels mis à l’écart. Il est alors important de mettre en place des stratégies de city branding qui participeraient non seulement à l’essor de la ville mais également à l’amélioration des conditions de vie de la population locale. En effet, si l’identité nationale est mise de côté, les habitants, ne s’y reconnaissant plus, vont déserter les lieux et la ville ne sera plus qu’un îlot artificiel dédié au tourisme de masse.

Chloé Alcaïno

Tuesday, November 14, 2017

Saigon : Evolution, urbanisme et patrimoine


La ville de Saigon renommée Ho Chi Minh ville en 1976 a subi plusieurs mutations au cours de son histoire. Ces changements dans l’urbanisme sont à lier avec l’influence des puissances voisines et étrangères. En effet, dans un premier temps suite à l’installation de commerçants chinois au XVIIe siècle, la ville s’est tournée vers un impératif commercial avec pour caractéristiques des boutiques au rez-de-chaussée et une forte connexion aux canaux par exemple…
Avec la présence française c’est un nouveau concept d’urbanisme qui s’implante au Vietnam. Inspiré par les rénovations haussmanniennes, c’est une ville avec tout le confort occidental qui est créée dans les années 1860 (espaces verts, hiérarchie des rues en damier…). La fonction commerciale est ingérée et rationalisée dans le nouvel urbanisme (ville peu dense, arborée, avec des villas).

Plan du projet Coffyn (nom du colonel qui l’a mis en place) le plus représentatif de ce réaménagement.
Ce projet avait tout d’abord pour but d’étendre les limites de la ville de sorte à ce qu’elle suive un plan orthogonale entourée de toute part par différents cours d’eau. Il avait aussi pour but de construire des infrastructures permettant d'accueillir jusqu’à 500 000 personnes séparés en deux quartiers principaux : l’un administratif et l’autre commercial caractérisé par un tout nouveau système d’acheminement des eaux souterrain. Même si le plan n’a pas entièrement fonctionné, il a permis à la ville de s’étendre considérablement. Et petit à petit la future métropole du Sud-Vietnam voit se mettre en place une structure urbaine moderne, dont les empreintes perdurent en centre-ville jusqu’à aujourd’hui.
Par exemple en ce qui concerne les bâtiments et l’architecture de la ville, il y a encore très clairement une trace du passage colonial. On le voit avec les nombreuses villas coloniales ou autres constructions de ce type qui ont été conservées en changeant simplement leur fonction. Le patrimoine que Ho Chi Minh Ville mit en valeur est bien le patrimoine laissé par la période coloniale et non celui qu’on peut apercevoir dans les quartiers chinois par exemple. Cela s’explique par le fait que la ville attire de plus en plus de touristes venant de toute l’Asie et que ces derniers recherchent une certain “exotisme”, qu’ils trouvent dans les bâtiments de type occidentaux.

Cependant au vu de la modernisation du Vietnam, l’urbanisme tend à se modifier. Il y a la présence de plus en plus forte d’immeubles, de zones résidentielles… Cette modification de l’urbain induit une mutation des rapports sociaux, la rue comme élément de la sociabilité vietnamienne laisse place aux relations de voisinage dans l’immeuble. En revanche on constate la résurgence des anciens modes de sociabilité. On voit notamment des portes laissées entrebâillées, solidarités de voisinage (coiffeur, éducation…).
Pour finir, voici un plan de la ville aujourd’hui :





Pierre Jacquemet

Jeanne Rock